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Emploi : la filière aéronautique manque de bras

⌚ 08/11/2018 | Le Courrier Economie | Lire sur le site d'origine

En Auvergne Rhône-Alpes, où la filière aéronautique est confrontée à une pénurie de main d’oeuvre, formation et recrutement sont un enjeu majeur.

Faire de la Région Auvergne- Rhône-Alpes une terre d’opportunités pour la filière aéronautique et spatiale : c’est le souhait de Laurent Wauquiez, son président. « Nous souhaitons valoriser l’ensemble des acteurs régionaux qui disposent des technologies de pointe et des savoir-faire d’excellence » a-t-il déclaré en ouverture des 1res Assises régionales de la filière aéronautique et spatiale, assises dont il avait défini les contours en 1977 au Salon du Bourget.

Pour qu’Auvergne-Rhône- Alpes puisse se positionner d’ici cinq ans dans le Top 5 des régions aéronautiques d’Europe, un plan sera mis en oeuvre en collaboration avec l’Agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises et l’ensemble des entreprises de la filière. Elles ne sont pas moins de 350, au profil divers et parfois complémentaire, réparties dans les douze départements de la région et « leurs activités couvrent l’ensemble du cycle de vie d’un aéronef ».

Crouzet, Porcher, Radiall…

À Argonay (Haute-Savoie), Dassault Aviation produit les commandes de vol des appareils civils et militaires. ÀBrignais, dans le Rhône, Vision Systems est le numéro un pour la protection solaire des cockpits et des hublots de la gamme Airbus et 70 % des Boeing. C’est à Lyon, au lendemain de la Seconde guerre mondiale avec MM. Brochier et Genin, que les matériaux composites prirent leur envol. Aujourd’hui, c’est aux Avenières en Dauphiné (Isère) que le groupe Hecxel (qui a récemment inauguré une nouvelle unité à Roussillon, dans la vallée du Rhône) possède la plus importante usine du monde pour le tissage du carbone, matériau entrant dans la fabrication des ailes des avions.

La formation nécessaire pour favoriser l’accès aux métiers de l’industrie est une exigence partagée par tous, chefs d’entreprises et élus.

Porcher, à Eclose-Badinières (Isère), Radiall à Voiron (Isère) et Crouzet Aerospace à Valence (Drôme) sont aussi, pour ne citer qu’eux, du nombre, tout comme Michelin à Clermont- Ferrand. « Nous sommes l’un des plus anciens équipementiers de l’aéronautique » rappelle Jean-Dominique Sénard, pdg de la firme dont la Nasa est l’un des clients. Toujours à Clermont-Ferrand, ce sont les ateliers de maintenance des aéronefs (dont ceux des compagnies Hop ! et Transavia, deux filiales d’Air France) qui occupent l’ancienne base d’Aulnat.

Cap sur la 3D

Mais si la filière aéronautique en Auvergne Rhône-Alpes affiche 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 30 000 emplois (dont 8 000 directs), elle manque de main d’oeuvre spécialisée. « Il faut attirer les talents et notre grand défi est de redonner des lettres de noblesse à nos métiers » assure Eric Trappier (Dassault Aviation), plus que jamais partisan de l’apprentissage. La formation nécessaire pour favoriser l’accès aux métiers de l’industrie est une exigence partagée par tous, chefs d’entreprises et élus. C’est pour éviter l’exode des savoir-faire, et gagner 3 000 emplois nouveaux en cinq ans, que la Région Auvergne Rhône-Alpes, par la voix du président Laurent Wauquiez, a annoncé la création d’un nouveau centre de formation sur le site de l’ancienne base aérienne d’Ambérieu, (Ain).

La Région investira 5 M€ dans ce « Campus des métiers » opérationnel pour 500 apprentis dès la rentrée 2019. Par ailleurs, lors de ces Assises, une convention formation, axée sur la sous-traitance, a été signée entre la Région et les entreprises Dassault Aviation et Hexcel. En effet, face à la rude concurrence des Etats- Unis, la filière aéronautique se doit d’innover. « Une exigence pour assurer notre pérennité » assurent Didier Katzenmayer (Airbus) et Jean- Dominique Sénard (Michelin). D’où le cap mis en direction de la fabrication additive. L’impression 3D est inscrite dans le programme Aéro-Print par Dassault Aviation, en lien avec Thalès.

La Région s’engage à soutenir un grand projet collectif à hauteur de 30 M€. Pour le président Wauquiez, « la filière 3D c’est un virage que nous n’avons pas le droit de louper ». 3,3 Md€ En milliards d’euros de chiffre d’affaires : c’est le poids en Auvergne Rhône-Alpes de la filière aéronautique et spatiale. Celle-ci génère plus de 30 000 emplois répartis dans 350 entreprises dont plusieurs (Hexcel, Mermet, Porcher et Radiall) sont en Isère. La Région occupe le 4e rang européen et au 2e en France derrière l’Occitanie. Enfin, l’aéroport Saint-Exupéry a franchi en 2017 le seuil des 10 millions de passagers.

Aéroport Saint-Exupéry : Transavia voit plus grand

Filiale du groupe Air France – KLM, la compagnie low-cost accroît son offre à Lyon et à Paris Orly. Plus que jamais Transavia affirme sa présence sur l’aéroport Lyon Saint-Exupéry. Filiale du groupe Air France-KLM, la compagnie low-cost vient d’annoncer l’ouverture d’une ligne Lyon-Beyrouth à compter du 13 avril prochain. Cette ligne, la dix-neuvième au programme de la compagnie depuis les pistes de Saint-Exupéry, sera assurée chaque samedi avec un prix d’appel de 79€ pour le vol aller.

Si cette ligne, confiée à un Boeing 737-800, vise en premier lieu une clientèle touristique, Transavia espère également intéresser des voyageurs d’affaires. Mais là n’est pas tout. Transavia, dont le trafic lyonnais a progressé de 35 % cette année, va encore accroître son offre en 2019. Ainsi, pendant la période estivale, elle proposera cinq vols par semaine vers Marrakech (contre 4 actuellement), quatre vers Agadir, trois vers Oujda et quatre vers Monastir. A ces offres viendront s’ajouter trois nouvelles dessertes assurées depuis Paris-Orly vers Brindisi (Italie), l’île de Minorque aux Baléares et Nador au Maroc. Les prix d’appel des deux premières destinations sont de 30€ vol aller et de 59€ pour la troisième.

Avec les Boeing 737-800, le trafic de Transavia a progressé de 35 % au départ de Lyon.

Tarifs attractifs mais prestations payantes

Mais pour aussi attractifs qu’ils soient, Aéroport Saint-Exupéry Transavia voit plus grand les prix des billets ne doivent pas faire oublier que chez Transavia, comme dans la plupart des compagnies low-cost, certaines prestations sont payantes. C’est notamment le cas pour les bagages qui voyagent en soute. Ainsi, il en coûte 10€ pour une valise de 10 kilos, 15€ pour une valise de 20 kilos et 23€ pour un bagage de 25 kilos. De même, boissons et nourritures proposées à bord ne sont pas gratuites. Ceci n’impacte pas le trafic de la compagnie qui, au départ de Lyon, a progressé de 35 % cette année avec la mise en place de Boeing 737- 800.


Par Jacques Savoye


Cet article est paru dans votre magazine ECO Nord-Isère du 9 novembre 2018. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.

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